Faut croire que ce soir je suis lancé pour les chroniques. Faut dire que ce soir c'est plutôt tranquille. Enfin tant mieux pour vous.
Comme ça faisait longtemps, ce soir c'est Oi! italienne. Et comme chacun le sait, Vengeance est une organisation mafieuse de haut vol, on va donc faire un peu la promo des copains. Donc on va parlé un peu du dernier EP des lombardo-piémontais fous de Brutti e Ignoranti, intitulé Il Gossip Della Morte. Petit rappel rapide, Brutti e Ignoranti est une sorte de conglomérat d'alcooliques italiens aux moeurs peu habituelles, amateurs de toutes sortes de choses que le reste de l'humanité trouverait anormale, dirigé d'une main de fer par le charismatique et instable Ricu, être à la fois cinglé et roux, grand amateur de combat de poules. Cette charmante compagnie distille une Oi! rentre dedans sans être bourine pour autant, efficace, énergique, qui reste dans la tête, traitant de sujets d'une importance capitale tel que la vie dans un une pièce (situation peu envieuse, je sais de quoi je parle), l'abus d'alcool dangereux pour la santé, de la scène italienne (complexe s'il en est) ou encore de leur réputation aujourd'hui assurée de Latrin Lovers.
Nos camarades nous reviennent donc ici avec un 7", leur premier à eux tout seul (puisqu'ils ont déjà partagé un split avec les anglais de The Warriors que j'ai chroniqué par le passé et une compile EP avec Booze & Glory et Oldfashioned Ideas sur laquelle je reviendrai éventuellement un jour ou l'autre), sorti chez les anglais de Mother Fucking Sounds, composé de trois titres, dont on va parler immédiatement après cette parenthèse photo sans aucune utilité.
Sauras-tu trouver la bite ailée sur cette photographie ?
Cet EP s'ouvre avec le morceau "Spille e Toppe", sur les types qui tentent de contrôler la scène, en jouant à la police du monde (ça m rappelle un truc ça tiens) ou en prenant des poses de leader tout en ne faisant rien de sa vie, ce qui, au final, ne fait rien d'autre que ruiner cette même scène. Je pense que tout le monde connaît un type comme ça dans son entourage ou dans sa scène local, perso j'en ai une bonne dizaine à l'esprit là. Mais revenons au morceau. Refrain efficace, guitare solo simple et efficace, ces backing vocals qu'on retrouve souvent dans les titres de Brutti e Ignoranti et qui vont bien, bref, un très bon morceau comme ils savent en faire (et pour une fois un peu plus sérieux que d'habitude !). Je préfère vous prévenir de suite, il n'y aura pas de téléchargement (une fois de plus) pour cet EP, mais les morceaux sont sur Youtube, et je les inclurai dans l'article. Celui, par exemple, ça donne ça :
Face B, on démarre avec "Birra Wiskey e Vino", un morceau qui, comme vous vous en doutez, ne traite pas de l'élevage de la truite saumonées en Haute Garonne, mais de l'alcoolisme chronique qu'une bonne partie de notre charmant mouvement partage. Donc voilà, on fait le tour des bars jusqu'au lendemain matin, on boit tout ce qu'on trouve à la fin, c'est une hécatombe ma bonne dame (et ces gens non-civilisés passent vraiment ce genre de soirée, j'ai moi-même été traîné de force, contraint d'ingurgiter toute sorte d'alcool plus étranges les uns que les autres, dont seuls nos cousins transalpins ont le secret). Rythme plus rapide pour ce morceau, mais il est tout aussi plaisant, plus déconnade, plus festif quoi.
Enfin, pour finir, "Finche C'e Birra", un autre morceau sur la boisson, mais pas dans le même cadre, puisque c'est une sorte d'invitation à chaque personne blessé par la vie (putain quelle plume !) à rejoindre les camarades de Brutti e Ignoranti pour se remonter le moral à l'aide d'une pils-de-rat du plus bel effet et à passer des soirées mémorables en se faisant refuser aux putes, dans un état proche de la mort clinique ou simplement à emmerder les bien-pensants. Tout un programme finalement quoi, tant qu'il y a de la bière, il y a de l'espoir ! Là encore un bon morceau, bien speed, qui reste dans la tête, volontiers beauf' mais de temps en temps ça fait pas de mal !
Tout ça est vendu avec une pochette consistant en une photo du camarade-leader Ricu dans ses habits du dimanche, et avec derrière une photo d'un alcoolo en noir et blanc négatif, avec les titres des morceaux et infos habituelles, accompagné d'un mystérieux "Genau wie hunde" ("comme des chiens" en allemand, mais pourquoi ici et pourquoi en allemand), ainsi qu'une longue liste de non dédicace à des personnes aussi diverses que variées (aux hasards, les imbéciles, les ambigus, les communistes, les zinas, les types qui prennent leur blouson pour un sapin de Noël et les skinheads du dimanche), avant de finir sur un remerciement à personne. Ça ne m'étonnes pas d'eux finalement ! 500 copies en splatter vert-blanc-rouge (plutôt raté d'ailleurs, ça fait un espèce de mélange gris avec des incursions de vert et de rouge), moi je vous dit jetez-vous dessus, c'est une tuerie, vous vous faites bien ce que vous voulez après, mais j'ai eu plusieurs bon retour sur cet EP, on m'a dit qu'il était bien mieux que le CD (que je trouve déjà bien personnellement). Et puis finalement des sorties toutes fraîches italiennes en vinyle, c'est pas comme s'il en pleuvait (quoi que ces derniers temps ils ont l'air de se réveiller un peu les ritaux question vinyle, et c'est pas pour me déplaire). Bref, supporte ta scène ou nique ta race.
Tel SilvioBerlusconi annonçant le retrait de son soutien au gouvernement technique de MarioMonti pour revenir sur la scène politique, le karaoke/tributeband romain The 80's nous revient avec le second volume de ses charmantes reprises latino-tondues, sobrement nommé Tradizone Di Qualita' (on notera l'oubli d'un "I" à "Tradizione", erreur réparée par un sticker sur la pochette précisant "The 80's Vol. II, le disque avec le titre mal orthographié sur la pochette" (au moins ils ne manquent pas d'humour). Toujours la même formule que pour l'opus précédent : 2 membres de Colonna Infame + 2 membres de Plakkaggio HC (qui a récemment sorti un nouvelle album, Approdo, de très bonne facture, soit dit en passant) = T.N.T. ! Toujours aussi rentre dedans que le précédent, fidèle à l'esprit des groupes 80's transalpins dans un style plus moderne, plus Oi!-core, assez populaire chez nos cousins tortellinophiles (pensez ColonnaInfame, évidemment, ou Banda Del Rione par exemple). Reste encore à savoir si ce seconde volume est d'aussi bonne facture que le premier, question à laquelle je vais répondre immédiatement.
Paolo Petralia, chanteur dans The 80's/Colonna Infame, est aussi, surprise, cuisinier ! Cooking class siamo noi !
Ce second volume est donc composé de 13 titres (soit 2 de moins que celui d'avant), dont des covers de groupes déjà repris dans le premier volume, comme Nabat (dont The 80's ont réussi à rendre bien un des seuls titres chiants, "Shock Delle Case"), Erode, Rough, Hope & Glory ou Guerriglia Urbana, et des petits nouveaux en la présence de Gangland (Oi! 80's mythique de Gênes), Asociale (Oi! 90's mythique de Côme), Dioxina (Oi! 80's mythique de Rimini), Incivili (Oi! 80's moins mythique mais quand même de La Spezia) et High Circle (Punk Hardcore 80's de Rome, je connaissais pas, chouette découverte !).
Comme pour le volume précédent, je vais revenir uniquement sur les morceaux qui m'ont le plus plu, sinon ça va être chiant et interminable. Le choix va être difficile, étant donné que je trouve toutes les covers géniales, et pourtant va falloir le faire. Bon ben commençons par "Spacca La Spada" de Asociale, un des groupes italiens que je préfère, repris ici avec brio, bien lourd, gros choeurs, et puis comme "Droga Arma Del Potere" de Rip-Off sur l'album précédent, c'est un morceau contre les types qui se piquent, nickel.
"Aiuta La Tua Scena" de High Circle, un morceau prônant l'unité et l'engagement dans la scène pour la rendre plus forte. Une reprise dans un style bien plus Oi! que l'originale, une vrai bombe !
L'inévitable reprise des provocateurs, fanatiques jusqu'au boutistes de la R.D.A., j'ai nommé Erode, dont c'est ici le morceau "Europa" qu'on nous propose. Les lecteurs fidèles auront lu ma chronique du 7" ou figure la version originale de ce titre et savent à quoi s'attendre. Pour les autres, on va la faire simple : anti-E.U., anti-OTAN, anti-américain, un morceau d'Erode comme tant d'autre quoi, ici en version ultra-violente, ça le fait pour moi.
"Diritto Al Lavoro" des genovesi de Gangland, groupe auteur du légendaire morceau "Sangue In Gradinata", sur les violences au stade, pour un morceau ici hyper social, sur le désoeuvrement de la jeunesse italienne, sans perspective d'avenir. Le groupe manquait vraiment dans le premier opus, l'erreur est réparée et je ne peux que m'en réjouir !
Enfin on notera la présence d'un morceau mi-original de The 80's, perdant son statut de groupe karaoke Oi! le temps de la dernière chanson de l'album, où ils rendent hommage à leurs grands ancêtres (en vrac, Nabat, Rough, SS20, F.U.N., Plastic Surgery, Rip Off ou encore Claptrap). Mi-original, car les paroles sont d'eux, mais l'instru est celle de "Mexico" de Böhse Onkelz, rien que ça. Un excellent morceau qui clôt très bien ce tout aussi excellent seconde volume de reprise, bien joué les gars !
Le fameux morceau tribute, régalez vous c'est moi qui offre
Côté packaging, là aussi pas mal de travail a été fait : l'atrwork est bien plus beau que celui du premier album (qui était tout de même déjà pas mal), on a droit à un insert avec toutes les paroles d'un côté et des photos, remerciements et un texte intéressant sur la scène Oi! et les années 80 écrit par Marco Balestrino (chanteur de Klasse Kriminale pour les incultes). On notera, en back cover, la reprise de dessin du 7" de Hope & Glory et du LP de Claptrap, l'unique groupe 2 tone au monde s'étant déclaré fasciste dans une interview à ma connaissance (je vous avais dit qu'en Italie tout était possible).
Le fameux logo de Claptrap. Chose promise chose due madame Vimaire !
Un achat qui me semble donc bien indispensable, pour les amateurs de Oi! italienne en particulier, puisque ce second volume vaut largement le premier. Toujours produit par Oi! Strike, le label de Paolo Petralia, sachez que seul 350 copies ont été faites, donc ne perdez pas votre temps et chopez moi ça de suite !
Face A
Spacca La Spada (Asociale)
Un Altro Giorno Di Gloria (Nabat)
Siamo Noi! (Dioxina)
Aiuta La Tua Scena (High Circle)
Europa (Erode)
Shock Delle Case (Nabat)
Face B
Potere Nelle Strade (Nabat)
Nessun Amico (Guerriglia Urbana)
Working Class (Hope & Glory)
Incivile (Incivili)
Restiamo Uniti (Rough)
Diritto Al Lavoro (Gangland)
80's
Pas de lien de téléchargement pour celui-ci non plus, ça vient de sortir, faut pas déconner non plus, on va lui laisser le temps de se vendre. Vous vous contenterez donc de l'aperçu qui suit et puis c'est tout.
La reprise de "Aiuta La Tua Scena" de High Circle, le seul groupe punk-hardcore repris sur l'album.
Ah le mois d'août... Paris vidée de ses habitants, envahie par les touristes, tout est fermé, bref, on s'ennuie ferme... Donc pour faire passer le temps rien de mieux qu'une bonne vieille chronique. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir, pas de léz' !
Pour cette fois ce sera un bon vieux truc italien, ça faisait longtemps, la crise de manque commençait à pointer le bout de son nez plein de cocaïne. On va parler d'un groupe un peu particulier, à savoir The 80's, une sorte de tribute band romain à la gloire de la vieille Oi! transalpine (du début des années 80 - d'où le nom du groupe- jusqu'au début des années 90), composé d'illustres membres de la scène italienne présente et passée, c'est à dire 2 gars de Colonna Infame Skinheads (légendaire groupe de Oi!core romain du début des années 2000) et de deux autres de Plakkaggio HC (groupe de la province de Rome, Colleferro pour être précis, même créneau musicale avec des influences métales et une passion certaine pour le rugby, et là vous comprenez le nom du groupe). Vu le palmarès des bonshommes, vous vous doutez un peu de ce que va donner ce groupe musicalement. C'est effectivement très Oi!core, violent comme une pêche dans ta gueule mais à la fois totalement respectueux de l'esprit des groupes repris et de leurs morceaux. Et c'est ça qui fait l'originalité du truc. Au premier abord on peut légitimement se poser la question de l'intérêt d'un album constitué uniquement de reprise. Aucune création originale, on connaît déjà les sons... Mais là la façon dont sont refait les chansons et le parti pris au niveau du son, les morceaux sont finalement bien différent des originaux (tout en respectant les compos de base comme je l'ai déjà dit), parfois plus pêchu, parfois plus rentre dedans, bref on a là une bonne bande son pour rentrer dans le lard d'un type. Tout ça est renforcé par les paroles des morceaux, dans cette fameuse tradition italienne de coller aux réalités sociales de l'époque (qui sont pas si différentes de celle d'aujourd'hui en Italie finalement), de parler de la vraie vie (et pas de se toucher la nouille sur des trucs fantasmés), cette fameuse "strada" dont je vous ai déjà parlé dans plusieurs chroniques précédentes. Qui plus est, on a quand même la pas mal de reprise de morceaux/groupes assez peu connus, qui ont sorti parfois un seul titre (je pense par exemple à Coprofili, 17100 Kids, Guerriglia Urbana ou Rip Off), tout ça côtoyant des titres plus connus (Nabat, Hope & Glory, Klasse Kriminale, Rough, Basta ou encore Plastic Surgery).
The 80's lors d'un concert à Perugia en 2008. Devait y avoir un truc hyper important au plafond ce soir là
Je vais pas vous faire un résumé de chaque morceau, ce serait trop long et trop chiant, pour moi comme pour vous, donc on va juste parler un peu de ceux que j'aime le plus.
Commençons par le premier titre du disque, "No Politica" des mythiques turinois de Rough, un morceau qui résume très bien la mentalité de la scène Oi! ritale des années 80 et la volonté qu'avaient ses protagonistes de créer un mouvement uni, loin de toute logique politicienne de gauche comme de droite (regardez un peu la scène italienne actuelle et vous verrez que c'est un échec cuisant).
Autre morceau qui a retenu on attention, "Evviva Il Cavaliere" des provocateurs stals d'Erode (on en a parlé récemment dans une chronique), une charge anti-Berlusconi avec pas mal d'humour mais surtout hyper violente musicalement, et Dieu sait que le côté Oi!core de The 80's renforce encore cette impression. Sûrement un des meilleurs morceaux de la galette.
Il me semblait impossible de pas parler de Hope & Glory et du morceau "Skinheads", un hymne au mouvement, sans fioriture, hyper simple, avec un refrain qui rentre immédiatement dans la tête, le genre de morceau que tout le monde a fait sauf que là il est bien fait, et c'est déjà pas mal !
Ensuite, bien évidemment "Droga Arma Del Potere" de Rip Off, un groupe injustement méconnu (faut dire que la qualité de leurs enregistrements, soit 2 démos K7, est assez médiocre, faut pas avoir peur du son pourri quoi) mais qui est certainement un de ceux que je préfère de cette scène italienne d'il y a 30 ans. Un bon vieux morceau contre la drogue, fléau de la scène alternative italienne (au sens large) de cette époque.
Tout ça va bien évidemment avec un insert incluant les paroles de tous les morceaux, chacun accompagnés d'un petit commentaire rédigé par Marco "Klasse Kriminale" Balestrino, bien sympa ! Vous noterez que l'album était déjà sorti en 2008, mais sous forme de CD uniquement (le contenu de l'insert était le même, avec en plus des photos des groupes repris, y en avait 2-3 bien cools).
En somme on est là devant un sacré témoignage d'une époque et d'une scène depuis bien longtemps disparue, une sorte d'hommage aux racines de la Oi! italienne. En grand amateur de tous ces groupes et de cette période, vous vous doutez bien que j'adore ce disque, ça me semble difficile de faire un meilleur résumé du mouvement italien que celui-ci ! On regrettera l'absence de quelques groupes (je pense à Asociale, Gangland, Dioxina ou F.U.N.), mais sachez que ce sera bientôt réparé puisque les gaillards de The 80's nous prépare un second volume pour septembre, et je ne peux que m'en réjouir ! Ils ont pour l'occasion repris les concerts (Colonna Infame l'avait d'ailleurs fait eux-même l'an passé), et je compte bien allé voir ce que ça donne de moi-même, d'autant plus qu'une date avec Erode, rien que ça, est prévue ! Soyez donc sur de réentendre parler de ce groupe dès la sortie de leur nouvel album !
Une petite preview de la suite de l'album chroniqué ici, avec une bonne vieille reprise d'Asociale !
Après pile un mois de désert, Vengeance et de retour ! Enfin me direz vous ! Eh bien pour notre retour à l'activité, c'est pas une, mais trois chroniques que je vous propose ce soir, rien que ça ! Les galettes que je m'apprête à vous chroniquer ont toutes pour point commun de comprendre au moins un titre du projet Oi! de Lars Frederiksen, j'ai nommé The Old Firm Casuals. On aime ou on aime pas les 3 gars San-Franciscains (et en particulier leur leader), mais faut bien avouer que c'est un, sinon le groupe le plus actif en terme de production en ce moment.
V.A. - Hooligan Classics Vol. 1 (Randale Records - 2012)
Commençons par ce double EP, un split à 4 fraîchement sorti sur le label teuton Randale Records, extrêmement productif ces derniers temps. On nous propose ici des morceaux des anglais de Control, des américains de The Chosen Ones et de The Old Firm Casuals et des écossais de On File (un morceau par groupe). L'avantage de ce genre de split "4 way", c'est qu'on tombe rarement sur une prod' où tout est nul. Ce double EP ne fait heureusement pas exception à la règle.
Premier titre du premier 7", "Tribal" de Control. D'habitude je suis pas fan du "hooligan rock'n'roll" que distille ce groupe, trop bourrin à mon goût. Mais là, bonne surprise, on a affaire à une chanson aux influences Mötörhead-esque (et sachez que j'adore Mötörhead, Lemmy est une sorte de dieu vivant pour moi), moins brutale que leurs autres trucs, pas dégueulasse. On regrettera juste la tentative de break ska en fin de morceau, une belle idée à la con (vous apprendrez que mon amour pour le ska est inversement proportionnel à celui que je porte à Mötörhead, je trouve ça chiant à mourir). Un morceau sur les bastons entre hools, qui commence par l'arrestation d'un type après une bagarre. Bonne rythmique, guitare solo sympa, un bon vieux singalong sur le refrain, bref, un morceau qui me réconcilie un peu avec ce groupe
En face B arrive ensuite The Chosen Ones, de New York, avec le titre "Lafayette". Je connaissais pas du tout ce groupe, il me semble d'ailleurs que c'est leur seul et unique morceau sur disque. Ben finalement c'était peut-être mieux comme ça, c'est une espèce de sous Social Distortion (encore un groupe dont je suis pas fan), du punk rock américain hyper mélo. Ça raconte l'histoire d'un type derrière les barreaux de la prison de Lafayette (en Louisiane je crois), il joue de la guitare et il espère sortir bientôt, tout ça tout ça. Ça pourrait être des paroles d'un morceau de blues, ça pourrait être bien. Mais c'est pas le cas. Si vous aimez bien des groupes comme The Disasters, ça vous plaira sûrement. Moi perso je trouve ça à chier par terre.
Viens ensuite "Just Another Yob", de On File, qui ouvre le deuxième 7" qui constitue cette compil'. J'étais resté à leur EP The Birds Don't Like The Skinheads, qui m'avait bien plu. Le morceau qu'ils nous proposent ici est un cran en dessous selon moi, pas mauvais mais pas aussi bon que le disque cité plus haut. C'est moins hymnesque. La chanson parle de la désillusion de la vie de tous les jours , des boulots de merde et du fait qu'il faut sortir de la situation d'anonymat que nous promettent ces jobs pourris. Clairement pas le meilleur titre de l'album, mais ça se laisse écouter.
C'est Old Firm Casuals qui clôture le disque, avec le morceau "We Don't Burry Our Dead". J'avais entendu ce titre avant qu'il sorte en mars dernier, à l'occasion de la prestation live de la bande de Lars Frederiksen au Punk & Disorderly à Berlin, ça m'avait pas laissé un grand souvenir. Et bien en tout cas la version studio de ce titre est vraiment pas mal du tout ! Gros choeurs sur les refrains, rythmique bien rentre dedans sans être bourrine, guitare solo simple mais efficace. Un morceau qui, en gros, parle du fait que la rue c'est la guerre et que ceux qui s'y frotte risque de clamser sans que personne ne verse une larme pour eux, parce que les types de O.F.C. n'ont aucune pitié. Le meilleur morceau de la compil, selon moi.
La pochette de l'EP est un clin d'oeil à une compil ska sortie sur Trojan Records
Niveau packaging, on à droit à une sympathique pochette qui reprend celle d'une compilation de morceaux ska (voyez vous même, j'ai mis la photo plus haut). Tout ça est en gatefold (un type de pochette plutôt sympa à mon goût), avec à l'intérieur les paroles de chaque morceau ainsi qu'une photo de chaque groupe, et les remerciements qui vont avec Les ronds centraux reprennent la front cover d'un côté, et de l'autre le logo de Randale Records. Un bel objet et une compil' de bonne qualité, à avoir !
Evil Conduct/The Old Firm Casuals - Oi! Rules... OK! EP (Randale Records - 2012)
Deuxième chronique, celle du tout frais split de The Old Firm Casuals avec les néerlandais de Evil Conduct, lui aussi sorti sur Randale Records. Je suppose que tout le monde connais Evil Conduct (sauf si certains d'entre vous habitent sur Mars, bonjour à vous, j'espère qu'il fait beau là haut). J'avais déjà chroniquer un de leur EP (le split avec Frankie Flame si je me souviens bien), référez vous à ça pour vous faire un aperçu (bien que, je me répète, faut soit être à peine arriver dans le mouvement soit ne vraiment rien connaître du tout pour passer à côté d'Evil Conduct).
Ce sont d'ailleurs eux qui ouvrent ce split 7" avec le titre "Working Class Heroes". En achetant le vinyle avant de l'écouter, je m'étais amusé, avec un pote, à imaginer à quoi pouvait ressembler la chanson simplement en lisant les paroles. Et bien ce que je m'étais imaginé colle parfaitement avec ce que j'entends en passant le disque sur ma platine. Faut dire que Evil Conduct c'est quand même super prévisible. Les structures sont toujours les mêmes, la façon de chanter aussi. Et faut bien dire ce qui est, les morceaux se ressemblent tous pas mal. J'ai l'habitude de dire que quand on a entendu un morceau de ces gars, on les a tous entendu. Bah c'est complètement vérifié sur ce titre. Certes, c'est une chanson sympa, bien faite, tout ce que vous voulez, mais j'ai l'impression de l'avoir déjà entendu 1000 fois. Aucune surprise. Tout ça avec un texte sur la working class absolument pas original, les clichés habituels, tout ça pue le déjà vu... À la longue ça devient lassant je trouve. Enfin bon, tout n'est pas perdu, le bassiste semble avoir compris qu'avec une basse on pouvait faire des variations et pas simplement suivre la guitare, et le chanteur/guitariste a apparemment compris que si on utilise une seul corde de sa guitare en jouant plusieurs notes différentes à la suite, ô miracle, ça fait un solo ! Pour résumer, un titre qui me convainc pas.
Le clip qui va avec la chanson, et comme la chanson, il est absolument pas original
En face B on a droit au titre "For The Love Of It All" de The Old Firm Casuals. Là aussi je suis plutôt déçu... Ça fait vachement mainstream je trouve, ça pourrait presque passer à la radio (tant mieux pour eux remarque). Un morceau sur le trip (le trip skinhead je suppose), et sur la vie qui va avec, pas forcément facile tous les jours, mais qu'on aime quand même, que la vie est dure mais qu'il faut se battre. J'ai l'impression que c'est un texte très personnel, ça à l'air d'être plus ou moins un truc sur la vie de Lars Frederiksen, et c'est plutôt bien écrit, mais c'est toute la musique derrière qui me plaît pas (sauf le solo de fin, qui lui au contraire, me plaît vachement). Séquence émotion en fin de morceau, quand Lars nous dit qu'il finira ce qu'il a commencé pour l'amour de sa femme (morte, m'a t-on dit) et de ses deux gamins ("For my wife and my two sons/I will finish what I have begun"). Heureusement tout n'est pas noir et on a droit à un passage comique malgré lui, je cite "It's my culture and a way of life/This is who I am and always have been". Pour un type qui c'est découvert neusk à 40 ans après avoir écumé toute sorte de trip différent auparavant, pas sur que ça soit et ait toujours été son truc, m'enfin bon...
Rien que pour vous, le morceau de O.F.C. présent sur cet EP. Ma bonté me perdra !
Tout ça est vendu avec une pochette plutôt bien faite, genre instantané en noir et blanc collé au scotch. On a un insert avec les paroles des deux chansons et les remerciement qui vont avec, et les ronds centraux consistent en deux traces de bottes (sur fond rouge pour Evil Conduct, bleu pour The Old Firm Casuals). En bref, le packaging est plutôt beau. Dommage que les morceaux ne suivent pas...
Face Evil Conduct :
Working Class Heroes
Face The Old Firm Casuals :
For The Love Of It All
Pas de lien pour télécharger cet EP pour l'instant, mais ça viendra un moment ou l'autre, vous inquiétez pas !
Klasse Kriminale/The Old Firm Casuals - Stesso Sangue EP
Dernière chronique de cet article dédié aux sorties récentes de The Old Firm Casuals, leur split avec les Savonesi de Klasse Kriminale (tout de même, fallait bien que je chronique un truc rital, je me serais senti mal sinon !), sûrement le groupe italien le plus connus avec Nabat et Plastic Surgery. Personnellement, à part les premiers albums que je trouve bien, je suis pas du tout fan de ce groupe. Je m'attendais donc à un truc qui me plairait pas plus que ça. Et bien je me suis trompé !
Le premier titre de la face A, celle de Klasse Kriminale, s'ouvre avec "Davide", un morceau qui parle d'un skin fan du Genoa FC, le club que supporte la bande de ce bon vieux Marco Balestrino, assassiné, à qui le groupe rend hommage. Un titre hyper mélodique, gros choeurs sur le refrain (qui me fait d'ailleurs pensé à celui de "Torneremo" de Coprofili), je suis totalement convaincu, ça me réconcilie avec Klasse Kriminale, et Dieu sait que je pensais pas que ça arriverait un jour !
Le deuxième morceau est une version enregistré lors d'un live datant de 2011 de "La Ragazza Dalla T-shirt Degli Angelic Upstart", sorti originalement sur leur album de 1993 "I Ragazzi Sono Innocenti" (selon moi ils sont plutôt coupable... Saura-tu trouver l'habile référence que je viens à l'instant de placer ?). Le son est hyper clean pour un live je trouve ! C'est, comme le dit Marco Balestrino lui-même au début du morceau, une chanson d'amour, qui raconte l'histoire du coup de foudre que ce dernier à eu pour une gonzesse avec un t-shirt Angelic Upstart alors qu'il était sur scène. Moins bien que le premier morceau, mais tout de même pas mal.
La face B, celle de The Old Firm Casuals, commence par "Rat Race", un morceau mid-tempo sur le fait qu'on ne cédera pas face aux règles de la société qui nous entoure et à sa monotonie, aucun compte à rendre à personne de toute manière, plutôt vivre sa vie comme on l'entend ! Comme d'hab' tout ça est soutenue par une bonne rythmique et est conclu par un solo efficace. Un bon titre !
Dernier morceau de cet EP, "Red White & Blue", sur les États-Unis, plus précisément sur les puissants (politiciens, banques et autres lobby à la con) qui pensent plus à servir leurs propres intérêts/ceux de leurs partis plutôt que ceux de leur pays. Et bien réveillez vous, faut réagir et redresser un peu le pays de l'Oncle Sam ! Le sujet de la chanson est pas hyper original, mais j'aime bien ce genre de texte. En plus, pour le coup, toute la rythmique derrière est en béton, accompagné d'une guitare solo qui déchire ! Voix bien hargneuse et choeurs en singalong, un bon vieux pavé dans la gueule ! C'est de loin le meilleur morceau de O.F.C. que j'ai entendu jusque là, si ils étaient tous comme ça on parlerai bien moins du personnage de Lars Frederiksen et bien plus de sa musique puisqu'elle serait de très bonne qualité. Malheureusement c'est pas le cas. La pochette est assez laide je trouve (mais bon, ça fait Oi!, que voulez vous), contrairement aux deux disques précédemment chroniqués. On a droit avec un insert comprenant paroles (en italien et en anglais pour Klasse Kriminale, de quoi attaquer le marché international de la botte et de la bretelle), ainsi que les photos (que de Balestrino pour Klasse Kriminale d'ailleurs, pas des autres membres, ce type a la grosse tête !) et remerciements habituels. Ce split a été une très bonne surprise pour moi, donc je ne peux que vous conseiller de vous jeter dessus !
En ces temps d'élections et de mise à l'épreuve des joies de la démocratie moderne, nous chez Vengeance, on a décidé d'être complètement totalitaire. On a bien vu, selon le sondage qu'on a posté, que vous vouliez plus de nouveautés Oi! françaises. Depuis qu'on l'a lancé, on a pas publié un seul truc français (faut dire qu'on achète quasiment que du vinyle et que niveau sorties françaises c'est un peu la dèche en ce moment...). Pour continuer sur la voie emprunter par mes camarades rédacteurs, je vais donc m'évertuer à en avoir rien à foutre de l'avis de la populace et chroniquer une sympathique vieillerie transalpine (mais tout de même c'est de la Oi!, donc je respecte 1/3 de votre choix, c'est déjà beaucoup). Pour une fois je vais faire deux entorses aux règles qu'on c'était fixé entre nous : je vais chroniquer un truc que je possède pas (ça mes deux collègues l'on déjà fait avant moi, donc à la rigueur c'est pas grave), et qui plus est un truc politique (on a déjà chroniquer des groupes engagés politiquement, mais en général les textes et les types restent soft où ne mêlent pas ou peu ça à leur musique). Et là en plus c'est pas qu'un peu. On a ici du gros rouge qui tâche, le couteau entre les dents, le rideau de fer qui va de Stettin à Trieste, death to America, tout ça tout ça quoi. Aujourd'hui je vais vous présente Erode, le groupe italien d'extrême gauche qui en fait toujours trop, auteur de l'hymne anti-berlusconien "Evviva Il Cavaliere" (entre autre).
Une cover de "Evviva Il Cavaliere" par le groupe romain de reprises The 80's
Né au milieu des années 90 à Côme, sur les cendres d'Asociale (cherchez dans mes premières chroniques, c'est tout simplement indispensable comme groupe si vous prétendez vous intéresser à la Oi! italienne) et de Crash Box (un groupe punk hardcore des 80's), le groupe se caractérise par le fait que ses membres soient ouvertement hyper-politisés, alors qu'à l'époque la tendance était plutôt à l'apolitisme sans bornes (et pas sans burnes, je vous vois venir). Comment je pourrais vous qualifier ça ? C'est de la Oi! à l'italienne, pas bourrin, assez mélo (ça c'est la grande particularité du rital, c'est hyper chantant comme langue), une guitare solo qui passe bien, gros choeurs, une voix rageuse mais pas forcée, et surtout les paroles c'est le grand soir quoi (pas le film de merde avec Poelvoorde qui vient de sortir, la révolution totale et sans concession plutôt, mais on en reparlera plus tard). Pas la moindre trace d'influence rock'n'roll/hardcore/mes burnes dans un plat à tajine, sur ce 7", c'est de la Oi! à l'ancienne, et finalement c'est pas plus mal comme ça, ça va bien avec l'esprit du groupe. Sorti en 1996, c'est la deuxième prod' du groupe après le EP Orgoglio Proletariato, sorti un an auparavant
La face A du vinyle s'ouvre sur "Europa". Ici pas question de récit germano-Hitlerifiant ni d'espace Schengen, loin de là. Pour vous faire un résumé rapide, on y parle des sciaccali d'Occidente (les chacals de l'Occident, rien que ça), d'Europe prolétaire et révolutionnaire et de renvoyer l'Oncle Sam à coup de pied au cul et par la même occasion de sortir de l'OTAN. Vous voyez le truc quoi, on fait pas dans la demi-mesure. On adhère ou pas au message, mais musicalement c'est quand même pas mal pour un morceau d'ouverture !
Deuxième titre de la face, "Frana La Curva", une chanson que tout ultra italien digne de ce nom se doit de connaître. Ça parle de calcio, mais pas de ce qui se passe sur le terrain, plutôt des tribunes. C'est rien de plus rien de moins qu'une apologie du dérouillage en règle des forces de l'ordre (allègrement traitées de figli di puttana au passage, toujours beaucoup de retenu dans les paroles d'Erode, c'est ça qui me plait). "Se dev'esserci violenza che violenza sia, ma che sia contro la polizia" ("si il faut qu'il y ait de la violence qu'il en soit ainsi, mais que ce soit sur la police"), voilà le sujet quoi. Un gros hymne si vous voulez mon avis.
La face B démarre avec "Pro Patria", un hommage rendu à l'équipe de Busto Arsizio, que les types d'Erode supportent. Pro Patria c'est le nom de l'équipe, et quand on sait de quoi sont composées les tribunes du club (de camerati comme on dit de l'autre côté des Alpes, des fascistes quoi), c'est assez marrant de voir qu'un groupe comme Erode fasse une chanson dessus. Ils devaient pas aller souvent au stade ! Ce détail mis à part, la chanson parle de l'attente insoutenable jusqu'au dimanche pour aller au stade, hurler l'amour de son club (toujours avec deux trois allusion prolétaro-communistes, on se refait pas hein), c'est hyper bien joué, gros choeurs, fort potentiel hymnesque, et en plus adaptable à plus ou moins tous les clubs de football (suffit de remplacer les "Pro-Pa-Tria, Pro Patria !" du refrain par le nom du club de ton choix et t'as de quoi chanter au stade, Jean-Mi).
Dernier titre du 7", et pas des moindre, "Stalingrado". Je vous laisse deviner de quoi ça parle, et vu l'engagement politique du groupe, de quel côté de la Volga il se situent. D'ailleurs ils le disent eux même, "Al Volga non si arriva" ("ils ne passeront pas la Volga", pas les Ewoks, plutôt la Wehrmacht), pour le drapeau rouge et le prolétariat et tout le folklore qui va avec. Un bon vieux morceau masturbatoire style "j'y étais pas mais si j'y avais été j'aurai fait pareil" comme on les aime (ça c'est bien la spécialité des groupes "extrêmistes" tiens). Pour faire court, c'est le meilleur morceau du disque je trouve. Guitare qui dérouille, bonne basse, le phrasé assez inhabituelle, deux voies sur le refrain, bref, un tube de plus.
Pour ce qui est de l'artwork, vous l'aurez constaté vous même, c'est dans l'esprit des paroles : sobriété. Le bon vieux soldat soviétique qui plante le drapeau de l'URSS sur le Reichstag, en noir et blanc avec, ô surprise, la faucille-marteau en rouge pour appuyer un peu le bordel histoire que ce soit bien clair. Un disque tout aussi incroyable (la première fois que je l'ai écouté je savais pas si c'était une blague ou si c'était sérieux tellement ça me semblait too much, limite ridicule !) qu'indispensable. Tout ça a bien évidemment été écrit et réalisé après la chute de l'URSS, sinon c'est pas marrant hein !
On notera que le groupe c'est récemment reformé et a sorti un nouveau morceau. Le genre a quelque peu changer, puisqu'on est plus proche de la new wave qu'autre chose, mais les themes restent les même puisque c'est un morceau sur Ulrike Meinhof, de la Rote Armee Fraktion (la Fraction Armée Rouge en français, si je vous dit la bande à Baader ça vous parlera peut être plus, des terroristes d'extrême gauche quoi). Va savoir pourquoi, Blogger refuse de me l'afficher dans l'article, alors vous pouvez la regarder ici. Attention, musicalement ça rien à voir avec les morceaux des disques précédents. Et je vous l'ai surement déjà dit dans une news précédente, mais autant en reparler, un intégral en vinyle du groupe sortira dans l'année (je sais ni quand ni chez qui, mais ça sortira, m'a t'on assuré). Voilà tovarich, j'espère que ce morceau te plaira, dans le cas contraire tu iras miner du granit jusqu'à la fin de tes jours dans un camp de travail en Sibérie (ou un stage intensif axé sur le thème "toi aussi montre ton respect de la presse" avec Jean-Luc Méchancon) pour affront aux principes de la Révolution. Mes salutations distinguées !
C'est ce qui t'attends si tu n'adhères pas au message d'Erode, vile social-traître !
Nom de Dieu, ça fait bien un mois que j'ai rien écrit sur cette foutue page... Il fallait bien y remédier, le changement c'est maintenant comme dit Barbapapa !
Pas de chronique cette fois ci (mais rassurez vous ça va arriver, j'ai du suédois et pas mal de musique de l'oncle Sam qui est arrivé récemment, j'ai de quoi faire des reviews bien sympa, ça va le faire), juste encore un petit point sur les sorties prévues prochainement et les sorties récentes, et une fois de plus, y a pas mal de vieux machins !
Comme par exemple chez Bords de Seine, où aux sorties prévues de Bootboys et Tolbiac's Toads dont je vous ai déjà parlé précédemment viennent s'ajouter un intégral de The Veros (avec plein de reprises et d'inédits qu'on nous dit !), la même chose avec Haircut (enfin pas un intégral, plus un best-of), et, last but not least, un LP de Taxi Driver, un génial groupe parisien mi 80's, pas Oi! mais plutôt rock, avec un type de Tolbiac's Toads dedans (à la guitare il me semble, corrigez moi si je me plante, et tant qu'on y est on pourrait rapprocher ça des derniers titres que Tolbiac avait sorti, je parle bien évidemment de "Attentat" et de "Et Ils Passaient"), malheureusement trop peu connu j'ai l'impression, alors que ça dépote ! Tenez, pour vous rafraîchir la mémoire, un titre issu du CD que le groupe avait enregistré en 2000
Ah bah ouais je t'avais prévenu, c'est pas Oi! mon pote !
Pour le plus grand bien de nos oreilles, Bandworm Records à décidé de ressortir en version vinyle l'excellent premier album des suédois de The Clichés (je vais pas vous présenter le groupe, écumez les chroniques on en à déjà parlé plein de fois), datant de 2005. Y aura que 250 copies, donc va falloir se précipiter (enculés de schleu, je suis sur qu'ils vont vendre ça une fortune...) !
Sur le label JT Classic (le label des type de Hard Skin, dont c'est la première prod') est sorti une sorte de compilation de divers morceaux issus de tous les EP/LP précédents de Hard Skins justement (donc de 1994 à 2011), pour la plupart maintenant introuvable. Pour ceux qui ne connaissent pas (honte à vous), le concept de Hard Skin c'est de faire de la Oi! hyper cliché, pour se foutre de la gueule des types qui se prennent trop au sérieux. Un peu comme The Clichés quoi, mais en anglais et en plus bourrin (mais tout de même vachement bien). Au total 15 titres, ça s'appelle We're the Fucking - George Single 1978-1981(parait que le graphiste c'est trompé dans les dates en faisant la pochette, quel con celui là), et c'est déjà sorti !
Quoi d'autre ? Ah oui, le groupe catalan tirant sur punk '77/mod rock à forte tendance homo Penny Cocks vient de sortir son premier LP sur Contra, ainsi qu'un split 7" avec Peter & The Test Tube Babies (les 2 morceaux de Penny Cocks figurent sur le LP, par contre à ma connaissance ceux de PTTB sont inédits et pas mal du tout, si Wattie est gentil il nous en fera une chronique, hein !), sorti sur le label américain Oi! The Boat. Perso je suis pas convaincu, ça ressemble de plus en plus à The Jam en moins bien. Enfin, voilà le clip d'un morceau du dernier album, vous vous ferez une idée vous même.
Y a aussi Dans les Catacombes du Studio de l'Acre, l'album des new-yorkais de The Templars qui ressort pour le vingtième anniversaire de l'album, en version vinyle. Il existe une version normale et une collector, avec pas mal de petites conneries dedans (poster, stickers, badges,...). C'est sorti sur TKO Records. Ça a été pressé à 200 copies il me semble, donc de même, si ça vous intéresse grouillez-vous, y en aura pas pour tout le monde !
Les romains de Pinta Facile sortent ENFIN leur nouvel album, Ieri...Oggi, sur Scarred For Life Records (avec un peu de bol c'est un coup d'envoi qui annonce aussi la sortie imminente des albums de Bull Brigade et de Ciurma Skins, quoi qu'un miracle c'est déjà bien alors 3...). C'est toujours comme avant, du Oi!-Core qui tue, gros choeurs, grosse guitare, voix bien agressive sans être bourrine, bref, sûrement un des meilleurs groupes italiens actuel ! Comme je suis sympa je vous met un morceau de l'album en question :
Sinon tant qu'on est dans le rital, Automatica Aggregazione sort son dernier album avant (tout ça alors que leur split avec Plakkaggio HC n'est toujours pas sorti !) de spliter... Dommage, c'était un bon groupe ! Enfin il me semble que les américains de Stormwatch (tout le monde ne connaît pas forcément, c'est un groupe Oi!-core 90's) sont en train de nous préparer un nouvel album (puisqu'ils se sont reformés et tournent de nouveau), que les anglais de Bakers Dozen ont récemment sorti le leur, Nightmare in Red White & Blue (et de ce que j'en ai entendu, bah malheureusement c'est pas génial...). !
Voilà, sinon The Old Firm Casuals n'a rien sorti ce mois-ci (mais ils ont fait des dates en France, d'ailleurs j'y étais pas), Agent Bulldogg c'est toujours vachement bien (eux aussi ils ont joué en France, par contre là j'y étais) et le 7" pirate de l'Infanterie Sauvage chez Narayan Records est enfin sorti (non je déconne). J'ai surement du oublier pas mal de truc, mais là il st 3h du matin et j'aimerai bien aller me pieuter. Donc vous rajouterez ce qu'il manque vous même en commentaire, on est comme ça chez Vengeance, c'est participatif... Et promis je fais des vraies chroniques bientôt !
Après quasiment deux mois sans chroniquer, je sors de mon mutisme pour vous pondre un autre de mes articles de haut-standing. Pour pas trop vous désorienter, je vais restez dans ce que je connais bien (et ce qui plaît, à en juger par le nombre de vues sur l'article dédié au CD de F.A.V.L.), la Oi! transalpine (encore et toujours), avec cette fois un groupe qui est sûrement bien plus connu que F.A.V.L., notamment parce qu'ils ont pas mal tournés (même en France), et se sont bâtis une petite réputation, je parle de Bull Brigade.
Un rapide récapitulatif sur le groupe : ils sont de Turin, une ville dont la scène punk (au sens large) a produit pas mal de bons groupes (je pense ici aux mythiques Rough, à Woptime ou encore Fuori Controllo), et n'en sont pas à leur première expérience musicale. En effet, le groupe est composé d'ancien membres de Bad Dog Boogie (un groupe faisant du rock'n'roll à la Motorhead) et de Banda Del Rione (sûrement un des meilleurs - voir le meilleur - groupes Oi! italien des années 2000, ceux qui ne connaissent pas doivent immédiatement réparer leur erreur en allant écouter n'importe lequel de leur morceau, de toute façon ils sont tous bien !), et si je ne m'abuse le chanteur a aussi officié dans Youngang (un autre sympathique groupe Oi!, cherchez donc leur split avec les allemands de Freiboiter, c'est là où sont, selon moi, leurs meilleurs morceaux). Avec une base comme celle-là, on s'attend à quelque chose de bien. Et bien c'est le cas, puisque c'est très proche de Banda Del Rione, tant musicalement, on retrouve les mêmes guitares solos qui tuent, la rythmique hyper efficace, des choeurs à tour de bras (en moins Oi!-core toute de même) qu'au niveau des textes (faut savoir que le chanteur de Bull Brigade était guitariste dans Banda Del Rione, et que c'était déjà lui qui écrivait les textes du groupes à l'époque, et Dieu sait que c'est bien écrit), où ça parle bien sur de la fameuse "strada", de la vraie vie, celle faite de désillusions, de galères, et aussi de la belle ville de Turin. Personnellement, j'aime un peu moins la voix, mais quoi qu'il en soit c'est tout de même pas mal du tout ! Passons maintenant aux 9 morceaux qui composent ce joyeux LP.
Le titre qui ouvre le disque est sobrement nommé "Intro", et c'est une instru qui annonce assez bien la couleur : gros son, une touche rock'n'roll qui déplaît pas, bref, les choses sont posées, ça va être la guerre !
Viens ensuite le premier "vrai" morceau, "Vendetta". Un long morceau (plus de 5 minutes), qui montre bien la filiation avec Banda Del Rione, tellement ça se ressemble musicalement. Le texte parle, si j'ai bien compris, de l'enfer du travail, où l'on y laisse chaque jour un peu de sa vie, en rêvant de pouvoir s'échapper, sans jamais y parvenir. Un bon morceau pour commencer.
On passe à "Doppo La Pioggia" (y en a qui avait fait après les feu, là c'est au tour de la pluie), une typique chanson sur la "strada" et sur l'enfer de la ville, je trouve le tout très pessimiste, mais aussi vraiment réaliste, tout le monde peut se sentir touché par les paroles (enfin si vous parlez italien, sinon c'est plus dur) . La ligne de basse sur le refrain est hyper bien, de même que les quelques passages à la guitare solo qui envoient du lourd ! Un de mes morceaux préférés !
Quatrième morceau, "Costruito A Torino". Le morceau commence par une intro basse-batterie avec quelques notes de guitare solo, et ça le fait à mort, en concert ça doit créer un bordel monstre ! Et ça enchaîne avec une rythmique qui tue, des gros choeurs sur les refrains... Tout ce que j'aime. Le morceau est bien évidemment un hommage à Turin, encore une fois c'est hyper bien écrit, un autre très bon morceau de cet album !
Dernière chanson de la face A, "Keep The Faith" (qui n'a rien à voir avec la Northern Soul, ou en tout cas je vois pas de lien direct et logique), plus lent que ceux entendus jusqu'à présent, avec un texte sur le groupe lui même, qui parle des kilomètres parcourus, des nuits passés aux concerts, des gens impatients que ça commence, mais tout ça est décrit d'une façon différente que les morceaux du même genre, toujours avec ce côté plus sombre et plus réaliste qui caractérise le groupe.
On passe à la face B, et ça commence avec le titre qui donne son nom à l'album, "Strade Smaritte", un morceau dont les paroles sont assez proches de "Doppo La Pioggia", mais où il est aussi question de l'amitié, de ceux qui sont partis et ne reviendront pas, de ceux qu'on a perdus de vue,... Un morceau très nostalgique, encore une fois assez sombre, mais toujours aussi vrai, sachant que tout ça est appuyé par une rythmique et une guitare solo de très bonne qualité, ça donne un bon morceau, une fois de plus !
C'est ensuite "Dannato Pub" qui vient, un morceau un peu plus rock'n'roll que le reste. On nous y raconte une nuit de plus passée dans un bar de merde, sans trop savoir ce qu'on fout là, à claquer tout son fric sans aucun but, sans rien trouver d'autre que plus de problème encore. Pessimiste à donf', mais chanson de qualité, encore une fois.
Avant dernier titre du LP, "Sulla Collina", avec une intro qui rappelle très, mais alors très fortement Banda Del Rione (surtout la guitare solo). En écoutant le morceau, on se rend bien compte que c'est aussi vrai pour le reste de la chanson. Le texte parle de l'équipe que supportent les gars de Bull Brigade, le Torino FC (bouh !), et le titre fait, je pense, référence à la tragédie de Superga, du nom d'une colline où c'est écrasé un avion où se trouvait la quasi totalité de l'équipe granata. Un hommage au Toro donc, on sent bien la fierté qu'on les gars d'être supporters de cette équipe, et de son histoire surtout ! Une bonne chanson, même si, étant moi-même supporter de l'autre équipe turinoise, la Juventus, le thème me touche absolument pas !
L'album se clôt avec "A Way Of Life", un autre morceau de plus de 5 minutes. Je vais pas vous faire un énième résumé de la rythmique, je pense que vous avez saisi le truc. Là encore un morceau qui parle de "la strada", toujours bien sombre, sur le trip et les désillusions de la vie (si on oubli la description musicale que je vous ai faite du bordel et les références au mouvement skin, j'ai presque l'impression de parler d'un groupe de cold wave dépressive, et c'est pas vraiment le propos, je vous prierez de le croire !) ça fini bien ce sympathique vinyle !
Côté pochette, une rue turinoise grise, sale, vide et puant la misère (ça résume bien l'album, tant au niveau des paroles que du titre, "Strade Smarrite" voulant dire "rues oubliées"), l'ambiance est posée. Au dos, les titres des morceaux, bien évidemment, le tout sur une photo de la Mole Antonelliana (le symbole de Turin) et d'autres du groupe en live. Le tout est livré avec un insert incluant les paroles (en anglais uniquement, et pas forcément super bien traduite de temps à autre...) et d'autres photos du groupe et de leurs potes. Les ronds centraux du vinyle sont sympas (là encore des photos de la ville), mais ne donne aucune information sur les morceaux ou la face qu'on est en train d'écouter, dommage.
On se retrouve là avec un album bien sympathique au final, faut apprécier le genre (tirant sur le Oi!-core donc) et pas être allergique au solos bien lourds (j'en connais à qui ça plaît pas, les malheureux !), passé ça (et la barrière de la langue, bien entendu) on se laisse embarquer dans les chroniques de la vie pas forcément facile tout les jours de Turin, et moi ça me botte !
Face A Intro Vendetta Dopo La Pioggia Costruito A Torino Keep The Faith Face B Strade Smarrite Dannato Pub Sulla Collina A Way Of Life
On notera que sur la version CD de cet album figure une reprise de "Birra" de Banda Del Rione (on en a déjà parlé moult fois dans cet article, je vous laisse vous y reporter), qui n'est malheureusement pas sur le vinyle (et c'est dommage parce qu'elle est pas mal du tout, moins bien que l'originale, certes, mais tout de même !). Comme je suis un type fondamentalement sympa, je vous la met ici même. Ne me remerciez pas, je rougis déjà.